Lettres d’humeurs
Article mis en ligne le 17 janvier 2014

par Webmestre, didier rolot
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 Olivier, chef Electricien.

Les techniciens et ouvriers du cinéma ont choisi leur métier, les producteurs aussi. Produire n’est pas la vocation des techniciens et ouvriers, il n’y a aucune raison qu’ils pallient au manque de budget des films en baissant leur salaire. Les producteurs ont pour responsabilité de réunir les fonds suffisants pour produire le film, pas de demander à leurs employés de "coproduire" en baissant leur salaire : c’est leur métier.

Nous avons le notre, choisi avec ses avantages, ses inconvénients et en connaissance de cause...
Produire comporte des risques, entre autres celui de ne pas récupérer son investissement ( l’ investissement financier personnel est d’ailleurs souvent rare de nos jours), ça fait partie du processus. En revanche, vous êtes les seuls bénéficiaires en cas de succès et c’est normal.
Il est temps de stopper ces dérives massives : chacun sa responsabilité, chacun son métier.

Aux producteurs de faire à nouveau leur métier ou bien de mouiller un peu plus leur chemise, pas à leurs employés.
Personne n’a dit qu’il est facile de monter un film financièrement.
Il est important de rappeler que les salaires (minimas !!!) sont basés sur le fait que ce sont des revenus d’intermittent, que ça n’est pas un salaire régulier (voir les salaires moyens/mois par technicien et ouvriers publiés par la caisse des congés spectacles). Que le système de l’intermittence inhérent à notre métier reste le plus pratique et le moins cher des systèmes pour un employeur. Il prend et il jette quand bon lui semble.
Pas de prime de licenciement, et autres avantages sociaux
Il est temps que cette profession ait enfin des règles et que tout le monde s’y tienne.

Vous avez choisi votre métier, nous le notre et même si vous proposez parfois des salaires à -20, -30, -50%, nous ne travaillons pas à 50% de nos moyens.
Nous n’avons jamais aucune retombée directe ou indirecte de ces films, juste le droit d’en faire d’autres dans les mêmes conditions. Nous savons que quand on met le doigt dans l’engrenage de ce genre de production, ça ne génère que des propositions de films sous-financés.
La vraie question est : est ce que tout les films doivent exister à n’importe quel prix ?

J’aime le cinéma et sa « diversité » mais j’aime aussi l’idée d’en vivre correctement, de le préserver.

Bientôt ça ne sera plus en métier, ça sera un hobby pour riches !!
De plus, vous ne vous posez pas la question de ce que nous devenons quand vous délocalisez vos tournages.

Nous sommes de plus en plus précaires et quand vous tournez en France, c’est pour nous payer en dessous de nos Minimas ??

La convention proposée par l’API nous enlève déjà entre 10 et 20% sur nos revenus, c’est beaucoup trop !
Vous ne pouvez pas nous empêcher de vouloir continuer à vivre de nos métiers

Pour le manque de financement de vos films, cherchez plutôt de votre côté que du notre s’il vous plaît. Merci.
A travail égal, salaire égal.

Olivier, chef Electricien.

 Didier Électricien, chef électricien

Bonjour M Reymond,

Comme vous, je suis contre la convention Api qui est un recul de 30 ans sur les conditions de travail et la protection de l’humain.

En ma qualité d’électricien, chef-électricien, j’ai de nombreuses fois intégré des équipes de films dit"fragiles" et j’en ai souffert à chaque fois. à chaque fois j’ai fait mon travail avec sérieux et professionnalisme et figurez vous que je n’ai jamais retrouver ce même sérieux et professionnalisme en provenance des producteurs, coproductreurs, direction de production.

J’y ai laissé des plumes, un divorce, car en acceptant de participer à ce genre de projet non financé(j’ai refusé des contrats mieux rémunéré de nombreuses fois pour suivre une équipe, un projet, pour faire bénéficier de mon expérience) Jamais je n’ai trouvé un traitement digne.

Comme si en plus d’accepter des salaires bas, je devais me prosterner pour avoir droit de manger correctement à la cantine, de dormir dans des conditions décentes. Jamais on ne nous consulte pour les heures supp, les solutions techniques. Nous sommes stigmatisés en tant qu’ouvrier par des élèves à qui l’école a déjà brossé notre portrait.

On montre nos salaires du doigt alors que vous savez très bien que ce sont nos heures sup qui font nos salaires. Libre à vous d’allonger les durées de tournage et par la-même de maintenir la décence de nos salaires. Il y a là un véritable enjeu face au chômage dont vous faites l’écho. Je n’aime pas les commentaires de vos amis sur les salaires des habilleuses ou des cadreurs.

Vous savez que la réalité de l’emploi ne nous permet pas de travailler tous les mois mais vous préférez mentir en comparant des chiffres à la moyenne de français.

Comme vous, je suis inquiet pour le renouveau dans nos métiers, les artistes doivent doivent faire leurs armes, nous devons former des jeunes techniciennes(ns), mais aussi nous devons financer les projets. C’est ici votre travail et votre responsabilité.

L’agrément cnc et l’avance sur recette ne sont pas des garanties. les productrices(eurs) doivent tenir compte des règles sociales en vigueur dans notre pays, nous ne pouvons pas vous et moi procéder dans l’illégalité. Si une chose me dérange, je m’en réfère au législateur et non pas au petit personnel qui applique simplement une convention. Il y a chez vous de nombreux dysfonctionnement, je vous invite à balayer devant votre porte car à l’heure actuelle, ma réflexion m’incite à préférer l’absence de films fragiles.

Je n’ai pas les moyens de former des débutants, on me propose des porteurs qui ne seront jamais impliqué dans le travail. J’ai débuté avec de nombreux courts métrages, tous gratuit. j’ai refusé des rémunérations au smic sur des courts métrages récents pour bénéficier de stagiaires à former.

Le statut d’intermittent, si vous nous aidez à le défendre, permet de s’impliquer sur des projets court, où la formation pérenne verra le jour.

Voilà, M Reymond, ma contribution à votre coup de gueule.
Didier Électricien, chef électricien

  jean philippe ouvrier film et téléfilm.

Monsieur avot , faites un tour sur les tournages de films et téléfilms et posez la question directement aux ouvriers et techniciens sur ce qu il pensent des baises de salaires imposées par les productions , croyez vous que nous ayons des propositions assez nombreuses et variées pour pouvoir refuser les propositions avariée que l on nous fait , que dire des producteurs touchant des subventions françaises et qui par d habiles montages , partent tourner en Belgique ou au Luxembourg (prés de 50% des films) . les techniciens ne choisissent pas d être sous payés , de plus en plus souvent , les productions préfèrent embaucher en fonction du salaire accepté plutôt que sur la compétence , on pourrait aussi embaucher des journalistes médiocres mais mal payé plutôt que vous par exemple ,il faut savoir aussi que le minimum syndical est en fait également le salaire maximum , j ai 53 ans et je touche le même salaire qu un jeune embauché sur son premier film , je ne m en plein aucunement , c’est un fait . il y a aussi un autre élément que vous devriez connaitre , nous sommes des milliers à avoir travaillé de temps en temps sous payé ou même gratuitement pour des films ou court métrage et il est une évidence , c est qu il est extrêmement rare qu une production renvoie un jour l ascenseur c est un peu une tradition , on ne fait pas travailler quelqu un qui a travaillé pour rien une foi que l on a un bon budget . si je n ai pas les moyens de m acheter une voiture on ne baissera pas le cout horaire de l ouvrier qui la fabrique pour arriver à mon budget . mais on me demande de baisser le mien pour qu un producteur puisse faire son film , j ai déjà fait des films en participation mais n ai jamais touché de retour sur les entrées.

par contre producteurs et comédien toucherons quelque chose à chaque rediffusion du film . alors oui , les principaux signataires de la pétition contre la convention sont dans la production ou comédiens mais contrairement à ce que vous semblez penser, très peu de techniciens et aucun ouvrier n a signé cette pétition.

Vous serez surement étanche à mon courrier et n ai certainement pas votre plume mais je suis terriblement déçu par les gens pour qui je travaille régulièrement (producteurs et comédiens) et je suis sidéré par le manque d information sur nos métiers que semblent avoir les journalistes.
Bien à vous , jean philippe ouvrier film et téléfilm.

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